Délégationde Loire-Atlantique

Ils sont venus frapper à la porte du Secours Catholique, ils témoignent

Ils sont venus frapper à la porte du Secours Catholique, ils témoignent

Les personnes qui sollicitent le Secours Catholique expriment des besoins. Elles manifestent toutes un désir d’écoute et de conseil (notamment pour des démarches administratives). Ensuite, est formulée une demande d’aide alimentaire : dans un budget restreint, il est parfois difficile de se nourrir.

En zone urbaine, ce sont des personnes seules, des mères isolées qui demandent un accompagnement.

En milieu rural, des personnes âgées, avec de faibles retraites, veulent un coup de pouce. La pauvreté touche des familles avec des emplois précaires. Celles-ci doivent faire face à des dépenses imprévues : l’augmentation très importante du coût de l’énergie grève leurs budgets. L’éloignement entre le domicile et le bassin d’emploi, non couvert par les transports collectifs, fait émerger une nouvelle demande (véhicule, essence, etc.).

Écoute et disponibilité sont un premier pas vers une reconstruction personnelle. Permettre à chacun d’avoir un lieu de parole, d’expression de ses difficultés concourt à une reprise de confiance en soi et à aller vers les autres.

Ils sont venus frapper à la porte du Secours Catholique et témoignent :

« Je travaille, je suis employée dans une usine. J’ai une famille. Mon mari est malade, alors il ne peut plus travailler ; on a quatre enfants, il faut qu’ils mangent bien. Normalement, on n’a pas de problèmes avec les factures, on fait bien attention. Mon mari, il est fier de ça, parce que même si on n’a pas grand-chose, on arrivait à s’en sortir. Mais quand une grosse facture d’électricité est arrivée, on pouvait pas faire seuls. Ça été dur, on a longtemps hésité avant de demander de l’aide, on avait honte. Mon mari, il avait peur qu’on nous reconnaisse et que tout le monde sache après qu’on n’arrivait pas à payer nos factures. On nous a aidés, ça nous a évité d’avoir des dettes. Mon mari, il a décidé d’aller aider du coup, parce que pour lui, il faut toujours rendre ce qu’on a donné, donc il aide comme il peu à son tour. »
Natacha, 42 ans

« Je me suis retrouvée du jour au lendemain à la rue, après une grosse dépression. J’ai perdu mon travail, mon mari m’a quittée en emmenant les enfants. Alors je suis partie dans le Sud. Je ne connaissais personne, mais je me suis dis que, pour redémarrer, dans le Sud c’était bien. J’ai été hébergée par une association, on m’a donné à manger, mais la chambre était sale et la nourriture périmée. Je me suis plainte et on m’a dit : “déjà qu’on vous aide, et en plus, vous râlez”. Il est où le respect là ? Parce que je suis dans une situation difficile, je devrais tout accepter ? Non, j’ai ma dignité, je n’ai plus que ça et le respect que je me porte, je ne vais pas laisser les autres me les enlever ! Je suis repartie en Bretagne et là j’ai été accueillie autrement. Les gens étaient gentils, ils m’ont vraiment écoutée, j’ai participé à un atelier de cuisine, à un groupe de femmes où on fait de la couture, mais surtout du papotage, ça m’a aidée à me reconstruire. »
Katia, 54 ans

« Je me suis retrouvé à la rue quand j’avais 24 ans. J’ai fait des petits boulots : serveur, caissier, travail à la chaîne ; j’avais des contrats presque toutes les semaines, mais pas assez pour avoir un salaire correct. Et puis quand on n’est pas en CDI et qu’on a personne pour se porter caution, aucun proprio ne veut vous louer un appart’. Alors j’ai vécu dans ma voiture pendant un an. Je me débrouillais pour faire les lessives dans les WC, je me douchais dans des salles de sport… C’était la galère, mais je ne pouvais pas laisser tomber, j’ai une fille, elle est chez sa mère, je ne voulais pas qu’elle me voie comme ça. Et puis j’allais dans les associations pour avoir à manger, y en a qui sont gentils, y en a d’autres, ils te regardent comme si t’étais une m* ! Des fois, je leur disais qu’à eux aussi ça pourrait leur arriver, faut pas se croire protégé, parce que t’as une belle maison ou une belle voiture. Mais les gentils, eux ils t’écoutent, ils te sourient, ils t’aident pour les papiers administratifs, pour trouver du travail ; c’est grâce à eux que j’ai remonté la pente. Ça a pris du temps, mais j’étais bien entouré, même les jours durs, je pouvais appeler pour parler. Je me sentais écouté et soutenu et ça c’est le plus important, je trouve. »
Rémi, 30 ans

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